il n'est pas de mes habitudes de reproduire un article mais celui ci est particulier.
Le bilan énergétique et pétrolier de la guerre en Irak n'est pas
reluisant
par Bill Bonner
Jeudi 26 Juin 2008
** "Le terrorisme
diminuera... les armes de destruction massive seront limitées, les gens seront
plus en sécurité partout dans le monde, les droits de l'homme et la démocratie
seront libérés au Moyen-Orient, et les fragiles perspectives de prospérité
mondiale seront améliorées... Le poids de l'incertitude qui grignote la
croissance mondiale diminuera lui aussi, ainsi que la taxe énergétique
provenant des pics temporaires du prix du pétrole".
* C'est ainsi que parlait
Larry Kudlow en mars 2003.
* Le pic pétrolier qu'il
décrivait s'est produit le 12 mars 2003, mettant le prix d'un baril de pétrole
à pas moins de 37,83 $.
* A l'heure où nous
écrivons ces lignes, le baril cote plus de 135 $.
* Mais Kudlow n'était de
loin pas seul dans ses hallucinations. Laurence Lindsey, qui était alors
conseiller économique de George Bush, regarda dans sa propre boule de cristal
et n'y vit rien pour lui déplaire.
* "Selon tous les
scénarios plausibles, l'effet négatif sera relativement limité par rapport aux
bienfaits économiques... Le principal problème est le pétrole, et un changement
de régime en Irak faciliterait une augmentation [de l'offre de] pétrole
mondial", faisant ainsi baisser les prix de l'or noir.
* Paul Wolfowitz, qui était
alors secrétaire adjoint à la
Défense US, continua en rassurant les Etats-Unis sur le fait
que les revenus pétroliers de l'Irak financeraient tous les coûts de
reconstruction du pays.
** Aujourd'hui, nous
parlons d'un des erreurs de calculs les plus crétines de tous les temps. En un
seul coup maladroit, un groupe relativement petit de mouches du coche est
parvenu à saper les progrès de neuf générations. Cinq ans plus tard, les
Etats-Unis se retrouvent du côté perdant du "plus grand transfert de
richesse de l'histoire", expression utilisée par T. Boone Pickens pour
décrire le marché pétrolier de 2008. George W. Bush a les sondages les plus
défavorables de tous les présidents US de l'histoire. Le secteur le plus
profitable de tous les Etats-Unis -- la finance -- s'est effondré... le dollar
a perdu un tiers de sa valeur... et les économistes européens, chinois et
indiens hochent la tête en disant : "je vous l'avais bien dit".
* Mais à la Chronique Agora,
nous voyons toujours le bon côté des choses. En ce qui concerne le sujet du
jour, le bon côté, c'est que les Etats-Unis avaient besoin qu'on leur rabatte
le caquet. Après l'effondrement de l'Union Soviétique, en 1990, les Etats-Unis
avaient le monopole de la force militaire mondiale. La Nature a horreur du
monopole ; elle devait remettre les USA à leur place. Et qui était mieux placé
pour s'en charger que ce groupe de néo-conservateurs ? Ils n'avaient pas besoin
d'histoire, pas plus qu'ils ne comprenaient l'économie. Ils étaient parfaits
pour mener le pays à la disgrâce et à la faillite.
* M. Kudlow continuait ses
mauvais calculs en faisant référence à un sondage dans lequel 69% des
participants affirmaient être prêts à payer 300 $ pour la guerre en Irak.
* Pour l'instant, rien que
cette année, le prix du pétrole a grimpé de 40%. Il est désormais 100 $ plus
cher que lorsque les néo-conservateurs ont entraîné les Etats-Unis dans la
guerre contre l'Irak. Chaque Américain utilise 25 barils de pétrole par an.
Cela revient à une "taxe pétrolière" de 2 500 $ de dépenses
énergétiques supplémentaires par personne... ou 10 000 $ pour une famille de
quatre, annuellement. De plus, on estime que la guerre elle-même coûte entre 1
000 et 2 000 milliards de dollars. Divisez cela par le nombre de familles
américaines, et vous obtenez un chiffre de 10 000 $ ou plus.
* Oups.
* Mais ces chiffres ne sont qu'un début. La flambée des prix de l'énergie sape
le way of life américain
lui-même, tel qu'il est actuellement. Comme le dit notre collègue Byron King, nous avons passé les 100
dernières années à construire le mauvais genre de monde. A présent, de
nombreuses personnes sont condamnées à vivre dans les ruines d'une civilisation
qui ne fonctionne plus.
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